La récupération de l’eau de pluie @BXL

Cet article est une collaboration entre What for et Ezelstad. Il propose de lancer une réflexion sur l’eau, sa provenance et son utilisation à Bruxelles.  


Pour penser l’eau autrement

Laurent et Françoise habitent depuis de nombreuses années dans la vallée du Watermaelbeek, à Auderghem. Il y a trois ans, ils ont profité des travaux de rénovation de leur maison pour y installer par eux-mêmes en place un système de récolte d’eau pluviale, pour les sanitaires, la machine à laver et l’eau de jardin. Conséquence : leur consommation a été divisée par trois.

“On était à 100 mètres cubes par an, pour nous deux. On est passé à 33”, explique Françoise.

 

Le fait d’aménager chez soi un système de récolte d’eau de pluie, revient aussi à rendre un service à la collectivité. En effet, additionnées les unes aux autres, les citernes peuvent jouer un rôle de tampon dans les zones inondables de la ville : c’est-à-dire qu’elles ne permettent pas seulement d’économiser l’eau de ville, mais aussi aussi et surtout de réduire les risques de saturation du réseau d’évacuation.

“Si toutes les maisons dans les bassins versants étaient équipées de ce genre d’installation, il y aurait beaucoup moins de problèmes d’inondation.” — Laurent.

Une famille, originaire de Malonne, a poussé la logique autonomiste de Françoise et Laurent encore un peu plus loin, en mettant en place son propre système d’épuration des eauxA y repenser, la région et les communes bruxelloises n’y gagneraient-elles pas à encourager des systèmes de gestion de l’eau autonomes, décentralisés et distribués, en offrant davantage d’incitants financiers aux particuliers ? Aujourd’hui, cela ne semble pas encore être la voie que privilégient les pouvoirs publics, qui choisissent d’investir dans la construction de grands bassins d’orage. Un peu plus loin, à Watermael-Boitsfort – à quelques centaines de mètres de la maison de Françoise et Laurent – deux immenses bassins sont actuellement en cours construction. Ils doivent servir à récolter les ruissellements du quartier des Trois Tilleuls et du plateau du Square de l’Arbalète vers la place Keym et les Pêcheries.

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Travaux liés à la création du bassin d’orage rue aux Pêcheries. Source: maps.google.be.

 


Pour une gestion intégrée des ressources en eau

De 1980 à 2015, notre pays s’est fort urbanisé : l’étendue des surfaces non-baties a diminué de 85,8% du territoire à 80%. Le 20% restant se sont donc imperméabilisés, ce qui a conduit à une intensification des ruissellements, et un accroissement des risques de saturation des voies d’évacuation. Bruxelles, métropole de béton, est fort exposée à ces risques d’inondation, notamment en raison de sa topographie.  La pression démographique et l’ancienneté du réseau d’égouts – qui transporte à la fois les eaux usées et les eaux de pluie – compliquent encore la donne.

Dans un article publiée en juillet 2015, dans la revue “Brussels Studies”, une équipe de chercheurs menée par le géographe Tom Goosse rappelle les fragilités du cycle hydrologique bruxellois, et les défis qui attendent la Région en matière de gestion de l’eau : aujourd’hui les problèmes du cycle hydrologique y sont gérés « en bout de chaîne », en faisant peu de cas du milieu naturel. C’est-à-dire que la Région se donne les moyens de répondre aux “dysfonctionnements” sans s’attaquer aux causes. On s’attaque aux symptômes, mais on fait mine d’ignorer la maladie.

La ville doit – selon eux – se donner les moyens de procéder à une transition vers un autre modèle de gestion : la gestion “en bout de chaîne” doit laisser la place à une GIRE (Gestion intégrée des ressources en eau), c’est-à-dire une gestion « fondée sur l’idée que l’eau fait partie intégrante de l’écosystème, qu’elle constitue une ressource naturelle et un bien social et économique dont la quantité et la qualité déterminent la nature de l’utilisation », selon Patrick Meire (et al.). Les auteurs ajoutent que « pour parvenir à une GIRE, il convient de tenir compte d’un vaste éventail de paramètres naturels et urbains affectant le cycle de l’eau en ville : topographie, couvert végétal, niveau des nappes phréatiques, caractéristiques des sols, géologie, capacité et structure du réseau d’égout, configuration des rues, surfaces imperméables, etc. », paramètres qui sont ignorés de beaucoup d’habitants et décideurs locaux. 


Pour aller plus loin

Voici des ressources pratiques pour la récupération de l’eau de pluie chez vous:  

eau2

Source: http://www.leden-carnivore.fr/images/travaux/C12.jpg.

Source de l’image à la une (en page d’accueil du site) : http://www.alkyna.fr/wp-content/uploads/2015/05/gouttiere-recuperation-ea-pluie.jpg.


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