Comprendre l’idée de « bien(s) commun(s) » en quelques dates

Quelqu’un avec un humour douteux vous le dira sans doute un jour: les biens communs, c’est pas bien commun. Cette blague de mauvais goût a tout de même le mérite de mettre en avant la complexité de cette idée apparemment simple. Que se cache-t-il derrière ce concept qui fait rêver mais aux contours tellement flous ? C’est ce à quoi les Compagnons de la Transition désirent réfléchir lors d’une série d’événements organisés en partenariat avec la Vénerie et le réseau Financité. Pour des raisons évidentes (ne pas avoir l’air stupide en arrivant au Delvaux), je vous propose de tracer un peu les contours de l’idée. En deuxième partie d’article, un petit résumé des événements organisés cette année.


Le(s) bien(s) commun(s)?

Le concept de bien commun n’est pas neuf. Un petit tour sur un moteur de recherche vous permettra de remonter le temps. Aux environs de 530 après JC(VD), est écrit le code Justinien du nom du mec qui régnait sur l’Empire Romain d’Orient. Son but était de compiler en un seul code toutes les lois romaines. C’est entre autres de ce code qu’a émergé ce que l’on appelle encore aujourd’hui le droit romain. Ce code définit 4 types de propriété matérielle :

  • Les Res Nullius (correspond à une ressource n’appartenant à personne)
  • Les Res Publicae (appartenant à l’Etat)
  • Les Res Privatae (appartenant à certains individus)
  • Les Res Communes (appartenant à tous) [1]

Les bien communs sont donc bien (à l’époque comme maintenant) des ressources qui sont gérées par la collectivité. D’une certaine manière cela existe déjà/encore, en tout cas au sein de petites collectivités. Il existe des biens « presque communs », comme la gestion de l’eau dans certains pays ou les soins de santé. Toutefois, 1500 ans plus tard, les choses ont bien changé :

  • Il est difficile de trouver une Res Nullius dans les zones habitées par les humains (presque partout sur terre donc)
  • Les Res Publicae font peur parce qu’elles évoquent la nationalisation et le communisme dans sa version Stalinienne
  • Les Res Privatae représentent la majorité de ce que nous possédons mais aussi de ce que les entreprises possèdent, ceci incluant beaucoup de ressources naturelles.
  • Pour ce qui est des Res Communes… Il  y en a mais pas vraiment, ou elles ne sont pas bien gérées, ou cachées, ou récupérées, ou volées…

Capture d’écran 2016-01-25 à 17.13.41

Or il pourrait y avoir beaucoup d’autres champs d’application pour ce concept : Internet et les logiciels, les semences, l’éducation, les espaces verts, la santé (pourquoi pas même les médicaments), le pétrole, les déchets (leur tri mais aussi leur ré-utilisation), etc.

S’organiser pour gérer une ressource ne veut pas spécialement dire ne plus en contrôler l’accès, la donner de manière égale à tout le monde (certaines personnes ont besoin de plus d’eau que d’autres) mais c’est bien de penser à un système collectif pour la gestion de cette ressource. Ainsi, dans une société que je voudrai volontairement utopique, nous pourrions tous prendre part aux processus de décisions qui mettent en place le fracking du sol aux Etats-Unis et d’autres trucs qui me saoulent comme les problèmes de certification et les brevets des semences paysannes.


Biens communs et nous

Pour réfléchir à ces questions, nos amis des Compagnons de la Transition Watermael-Boitsfort organisent un troisième cycle d’activités. Leur premier cycle s’intitulait « l’Economie & nous », le deuxième « la Finance & nous », et celui-ci « les Biens Communs & Nous ».

Et le programme est costaud, il suffit d’aller voir. Une tonne d’activités sont organisées, telles que des projections, de films et documentaires, conférences et fêtes, mais aussi ‘une journée d’étude (très bientôt, le 30 janvier), un forum des alternatives locales (en mars et on y sera évidemment). Le 13 février, on aura même droit à Pablo Servigne. Boum !

Capture d’écran 2016-01-25 à 17.08.33

 

Le dépliant complet peut être téléchargé et imprimé ici.


[1] voir à ce sujet le court mais excellent Data Gueule de juin 2015.


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