Poèmes de la place Keym. N°3 : Perchée au sommet de la rue du Roitelet…

Un train passe, rapide et plutôt discret… au nez, non pas des vaches mais des voitures garées en diagonale.

Un haut mur aveugle – vraiment digne d’Israël – sépare les voies de la maison du coin…

Avec ses fenêtres bouchées, elle ressemble de moins en moins à l’ “Empire des Lumières” de Magritte qu’elle a souvent évoquée pour moi quand je venais du pont, à la tombée du jour… Ce jour qui faiblit maintenant sous un gros nuage gris découpe sur le ciel le toit de la jolie petite gare silencieuse et secrète, avec au ras du “mur”, ses yeux de verre empreints de nostalgie… Rêve-t-­elle du sifflement suraigu des motrices d’autrefois lachant leur vapeur ?

Aujourd’hui, silence… seul le vrombissemenr d’une voiture, toutes les vingt secondes, prenant son élan pour grimper la côte…
Dans les intervalles, si l’on prête l’oreille, les oiseaux répliquent et s’affirment: roucoulement des ramiers, tri tri tri des passereaux…

Et comme pour les soutenir résonnent quelques coups de marteau : à vingt mètres, en contrebas, perché sur une échelle, un homme installe… une grande boîte verte ? Mais oui, vraiment, un nichoir !

Enfin, une piétonne encapuchonnée me croise d’une démarche élastique. Elle ralentit et m’observe d’un oeil suspicieux … “détective en planque ?”

Ciel ! me voilà démasquée !

C.


 

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