Poèmes de la place Keym. N°5 : Ce qu’il reste d’humanité.

Des arbres tentaculaires aux membres nus
Un décor
Résidu de forêt
Une dame âgée avance
Courbée cahotante
Sur son passage se déploient
Se tordent
Des branches aux lignes sinueuses
Qui tentent de l’attraper

La sonnerie d’un gsm retentit
Électrique
Déchire le silence
Alors doucement le moteur d’une vieille guimbarde se met à ronfler
Un chœur de pigeons roucoule
S’élèvent quelques battements d’ailes sonores

Et la dame âgée
Claudicante cacochyme
Réchappe des membres griffus
Gagne la rue du Bien-Faire
Écrasée par un ciel lourd de nuages amoncelés

Le point de fuite creuse sa ligne d’horizon
Le chat couché en chien de fusil ignore l’autre qu’on coiffe au poteau
La mousse s’immisce entre les pierres
Entre les vitrines
Le lierre avale le béton

Une rangée de pierres dressée par des géants se hérisse
Il ne reste que leurs mégots
Dix-huit lampadaires éclosent en boutons d’or
Un silence ancien recouvre la cime des arbres
Qui muent par lambeaux
Laissent entrevoir leur peau verte et neuve
Sous l’écorce séchée

Plus un bruit derrière les échafaudages tendus de tissus
Le clac d’une porte automatique qui s’ouvre et se ferme engloutit
Ce qu’il reste d’humanité


12829237_465980786931966_290931851985478977_o


Print Friendly, PDF & Email
Pour partager cet article:
Share on Facebook
Facebook
0Tweet about this on Twitter
Twitter
Email this to someone
email
Print this page
Print

Leave a Reply