What is a Woman: auto-interview d’une femme qui interview d’autres femmes

Les Écuries de la Vénerie accueillent le projet What is a Woman du 3 au 12 mars. L’occasion pour l’artiste de présenter son travail — des photos et témoignages de femmes à travers l’Eurasie — et créer un espace de discussions autour de l’identité de la femme. Par démangeaison stylistique ou schizophrénie avérée, l’auteure nous présente ici l’exposition sous forme d’auto-interview.


Cambodge, Avril 2016.


Ethel: C’est quoi exactement, What is a Woman? On sait tous ce qu’est une femme.

Ethel: Le titre du projet se réfère à son objectif premier: créer un débat autour de l’identité de la femme. Où se situe-t-elle sur l’échiquier sociétal? La question est en réalité bien plus complexe qu’elle n’y paraît et, qui plus est, elle engendre des discussions intéressantes sur la condition de la femme et les devoirs inhérents à son genre.

Ethel: Vas-y. Pose-moi la question.

Ethel: Quelle question?

Ethel: Ben, ce qu’est une femme.

Ethel: D’accord. What is a Woman?

Ethel: Facile. Un être humain adulte avec un sexe féminin.

Ethel: Je pensais que c’était moi qu’on interviewait. Allons plus loin: si l’unique différence entre un homme et une femme était leur sexe biologique, pourquoi ont-ils des rôles différents au sein de la société? Pourquoi, dans tous les pays et dans presque toutes les cultures du monde, la femme n’est pas l’égale de l’homme?

Ethel: Mmmh… Cela devient dur de faire des généralités.

Ethel: Il est impossible d’y répondre de manière claire et objective. Chaque pays et chaque situation sont différents et, pourtant, on se retrouve face aux mêmes résultats. D’où l’intérêt de What is a Woman : partir à la rencontre de différents groupes de femmes à travers l’Eurasie et leur demander comment elles perçoivent leur genre, quelle influence il peut avoir sur leur quotidien, …

Ethel: Cite-nous des exemples.

Ethel: Des mères célibataires au Vietnam; des femmes transgenres au Cambodge; des femmes kayan en Thaïlande; des nonnes bouddhistes au Myanmar; des…

Ethel: Et elles, que répondaient-elles?

Ethel: Il faut venir à l’expo pour le savoir! Les questions liées à la féminité et à la maternité revenaient régulièrement. Par exemple, les femmes transgenres se considéraient femmes, qu’elles soient habillées en hommes ou femmes. Se maquiller, mettre des robes et ajouter de faux seins leur permettaient toutefois d’être plus à l’aise avec leur identité.

Pour les nonnes, le fait d’effacer leurs attributs féminins (se raser les cheveux; compresser leur poitrine) leur permettait de rentrer dans le non-soi, dans l’absence de genre. Quant à la maternité, elle était omniprésente dans les choix de vie des femmes, quelle que soit leur culture.

Ethel: Tu nous montres quoi exactement dans cette expo?

Ethel: J’ai sélectionné une vingtaine de portraits de femmes de sept pays différents, dont la Belgique. Les portraits sont accompagnés d’extraits de témoignages et de textes. En plus de tout cela, il y aura un making-of projeté pendant le vernissage et le vernissage de clôture (le 10 mars). J’organise également des discussions avec des femmes et des élèves pendant la semaine d’exposition. À noter que l’exposition reçoit le support financier de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de la Loterie Nationale.

Ethel: Que souhaites-tu aux futurs visiteurs?

Ethel: Des questions; des réflexions autour de l’identité de la femme — ses devoirs, la raison de ses devoirs —; une nouvelle manière de voir le rôle de la femme, ici et ailleurs; l’envie de continuer ce débat au-delà des murs de l’exposition évidemment. Surtout, je souhaite que les visiteurs ne voient pas uniquement des visages exotiques, des cultures lointaines, mais des femmes comme toi et moi. Il est important de s’identifier à d’autres destins de femmes lorsque ceux-ci ont été façonnés par leur genre, d’aller au-delà des barrières géographiques, culturelles ou socio-économiques, créer un lien entre toutes les femmes et les sensibiliser, avec les hommes, à la cause de la femme . C’est certainement utopique mais c’est un petit pas qui pourra, je l’espère, faire émerger de nouvelles idées.

Ethel: Un dernier mot?

Ethel: Oui! le vernissage de clôture se déroulera le 10 mars à partir de 18h. Pour les infos complémentaires, vous pouvez visiter la page Facebook de l’expo ou du projet. Venez nombreux!


Site officiel: http://whatisawoman.net

 

Yangon, Juin 2016.

 

Yunnan (Chine), Juillet 2016.

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